© DR-History of violence
"A history of violence"
[ Violences "я" U.S. ? ] * 1
Comme beaucoup d’entre vous, je suppose, je m’efforce de ne lire aucune critique avant d’aller voir un film ( il suffit, pour effectuer un choix parmi l’avalanche de nouveautés proposées chaque mois, de disposer d’ un minimum d’informations ).
Toutefois, en de rares occasions, il est bon de recevoir des clés avec le billet d’entrée.Ainsi, me semble-t-il, pour ce film de CronenbergD’une violence extrême et quasi permanente, il peut franchement déplaire à ceux qui n’en percevraient que le premier niveau de lecture..
C’est donc, exceptionnellement, en connaissance de cause, je veux dire du dessein politique du metteur en scène, que je suis allé voir "A history of violence"… Et c’est tant mieux, car la mise en parallèle quasi constante du destin du "héros" et de l’histoire des USA permet dès le début une double lecture du scénario ; laquelle gomme en partie l’extrême violence du film, ou du moins la rend plus recevable en tant que composante métaphorique d’une réflexion sur les "fondations" indéniablement violentes de la démocratie états-unienne *2 .Le film de David Cronenberg raconte donc une histoire… et une Histoire dont la violence est évidemment dénoncée. Non sans une certaine ambiguïté ou contradiction parfois, comme c’est souvent le cas concernant ce sujet *3 : ainsi, lorsque le fils se décide enfin à cogner de la belle manière le crétin agressif qui ne cessait de le harceler , on ne peut s’empêcher de s’en réjouir.Oui mais, au fond, doit-on s’en rejouir ?Question lue sur l’ordinateur de Carrie Bradshaw dans "Violence and the City" : "Y a-t-il des circonstances où la violence doit répondre à la violence". Question d’actualité… brûlante ! Qu’on peut interpréter de bien des façons…Une chose est sûre, ce film ne vous laissera pas indifférent et pourra susciter au troquet du coin d’intéressants échanges (non violents) autour d’un pot de beaujolais nouveau.
*1 Précision peut être utile : Violences "я" U.S. est une allusion à "Toys я us" = "Toys are us" = "les jouets, c’est nous" !
*2 Au sujet de la violence étroitement associée à l’Histoire des USA, l’excellent historien Franck Ferrand a fait naguère sur Europe 1 une émission passionnante et éclairante. Cela dit, bien d’autres nations occidentales pourraient aussi être visées.Sans parler des sociétés d’autres cultures qui se sont bâties sur une sacrée violence… et même une violence sacrée (suivez mon regard…) Seront-elles un jour assez démocratiques et courageuses pour le reconnaître à la manière de certains cinéastes états-uniens ? Pour l’instant, ce n’est pas au programme !
*3 Il me semble qu’il faut considérer avec esprit critique certaines formes de non-violence militante ou de pacifisme, parfois (souvent ?) coupables d’angélisme et de pensée manichéenne. Rappelons le rôle plus que douteux des prétendus "Mouvements pour la Paix" des sixties/ seventies, dont tous les historiens sérieux disent que, relayés par les P.C. européens et les gauchistes, ils étaient objectivement et parfois sciemment au service de l’URSS."Plutôt rouges que morts", disaient les pacifistes allemands. Dieu merci, si certains sont encore rouges , ils vivent en démocratie et je suppose que la plupart sont bien vivants !C’est pourquoi, bien qu’opposé à l’intervention US-GB en Irak , je me suis abstenu de manifester pour ne pas me trouver en très fâcheuse compagnie.Dernière précision au passage :En 1914, il était admirable d’être pacifiste.En 1936, et encore plus en 1939, c’était criminel.Et en 2005 ? ? ?Ouf, je me suis un peu égaré, là …Tout bien réfléchi, pas tant que ça !A votre avis ?

Merci pour cette phrase de Chamfort, si méconnue de nos jours.Ton blog est très sympa.Spicy