Desproges (2)_ »anthume » et posthume

Pierre Desproges    « anthume »  et posthume…
( Suite et fin du billet  « Desproges m’a dit-février 88 » 
     cf. « Desproges »  dans la liste de tags)
Cette fois, rien de perso ni de confidentiel, mais quelques infos complémentaires pas forcément connues.
Concernant la célébrité  « anthume » *1 de Desproges, il faut savoir qu’avant  sa disparition, il n’était pas aussi populaire qu’on pourrait l’imaginer aujourd’hui.  Certes, il était connu de certains  téléspectateurs grâce au  « Petit rapporteur » puis à « La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède » ainsi que des auditeurs de  France Inter, notamment pour ses prodigieux Réquisitoires**2,  ou  pour ses  Chroniques** 2 .  Avec  d’ailleurs un paradoxe : dans la récente émission »Mémo » *** 3 du dimanche 20  avril , il dit ceci à propos de  France Inter grâce à laquelle il a vraiment trouvé son style, via le  fameux « Tribunal » : « J’en sais très gré à cette saleté de station de France Inter que je hais par ailleurs »
Déjà connu, donc , mais  on ne lui attribuait pas l’importance qu’il a légitimement acquise aujourd’hui. Ce bouffon de Ruquier a d’ailleurs eu le culot de dire récemment que « sa disparition s’était accompagnée d’un bruit médiatique peut être excessif« .  Elle est jalouse, la tête à claques !
Preuve de ce que j’avance :  le volumineux « Universalia 89 » consacré aux événements de 88 ne dit pas un mot de la mort de Desproges, alors qu’une longue liste de mini-nécros  s’intéressait à d’illustres inconnus . Mais quiconque  connaît  « L’Encyclopaedia Universalis » n’ignore pas son profil partisan. Censure  probable vis à vis d’un esprit libre dont certains textes seraient impubliables aujourd’hui, comme il a été dit à juste titre. Ou alors simple ignorance ? En tout cas, une lettre de protestation  envoyée à l’époque aux rédacteurs  resta évidemment sans réponse et sans rectificatif dans les publications qui ont suivi.
Autre fait étonnant :  en 89,  j’ai trouvé dans une grande surface du sud-ouest la  cassette vidéo « Desproges se donne en spectacle-Musée Grévin  déc. 86 « ( Proserpine Video hits » EDV n°19)  bradée à 5 francs au milieu de  cassettes de navets invendables.
Dans une certaine mesure,  et pour la partie me semble-t-il la plus intéressante de son oeuvre, la notoriété de Desproges  est  bien posthume. Non pas, certes, comme Boris Vian quasiment inconnu -sauf des jazzfans en tant que critique musical – avant la publication de « l’Ecume des Jours » en 10×18 juste après sa mort.
Il faut dire que les facettes les plus littéraires de Desproges n’étaient pas d’une approche aisée pour le « grand public »  de l’ époque :
1- Ecriture raffinée  et subtilement décalée [dont  Alexandre Vialatte fut l’inspirateur… voir note et texte à la fin de ce billet, en annexe ]  ; et d’ailleurs,  aujourd’hui , quelle ne serait pas « sa hargne  et son courroux-coucou  » en constatant la déliquescence de la culture et du langage, non seulement chez bon nombre de  « jeunes », mais aussi au plus haut niveau de l’Etat ?  Suivez mon regard !
2-Oeuvre truffée de références  ou de clin-d’oeils culturels (point commun avec Brassens, qu’il adorait)
3– Humour redoutable, provocateur, incisif (sans le côté populaire et démago-ambigu de Coluche ) devenu plus familier aujourd’hui  où l’insolence est une tarte à la crème, stéréotypée, conformiste et médiatiquement correcte (genre Didier Porte et trop  nombreux consorts ).
4- Et puis, il ne s’est pas fait que des amis en s’affirmant de droite  en pleine Mitterrandie délirante et intolérante,  et de surcroît dans un milieu où il était à la mode  (et ce l’est encore plus à notre époque de conformisme militant )  d’afficher « courageusement » la carte de l’autre bord. Et aujourd’hui encore, certains téléramanes et autres belzâmes du même tonneau  ne le lui pardonnent pas. D’autres, comme il a été dit dans le précédent billet, ont le culot de l’annexer pour  l’édification des ouailles de leurs chapelles idéologiques.
Vingt ans après, Desproges n’est pas remplacé, il n’a jamais bêlé au sein du troupeau, à la différence de tant d’autres aujourd’hui, et son oeuvre résiste à toutes ces tentatives de récupération. Mais il a profondément marqué la culture humoristique des deux décennies passées : nécro de Bedos, interviews délirantes, chroniques décapantes, réquisitoires, provocation, tout cela a été imité  voire même carrément  « pompé » depuis, avec plus ou moins de bonheur. Mais, à ma connaissance, seul Antoine de Caunes a  toujours eu l’honnêteté de reconnaître tout ce qu’il devait à Pierre Desproges.
*1 Ce néologisme est d’Alphonse Allais.
**2 Ses « Chroniques de la haine ordinaire » et ses « Réquisitoires » sont  à mes yeux  ce qu’il a écrit de meilleur.
***Cette intéressante émission est encore podcastable sur France Inter.

Annexe : « Le loup, appelé ainsi à cause de ses grandes dents… « 

( texte d’Alexandre  Vialatte  qui a inspiré Desproges au début de sa carrière d’écrivain et d’humoriste)
Dans un entretien diffusé sur France Inter milieu des années 80, Desproges raconta les circonstances qui lui firent découvrir Vialatte et furent (en partie, bien sûr ) à l’origine de sa vocation d’écrivain et d’humoriste . Alors qu’ un jour de 59, il trônait sur une lunette de toilettes de la caserne d’Epinal où le papier hygiénique ne l’était guère, puisque, (comme il était fréquent à l’époque), il s’agissait de feuilles de journaux préalablement découpées à cet usage, il prit  le temps de lire  un texte d’Alexandre Vialatte publié dans le magazine « Spectacle du Monde » ; texte remarquable -et remarqué-  miraculeusement  préservé d’engloutissement dans les entrailles de l’oubli et des cabinets .
Il s’agissait de « Nécessité du loup » qui lui fit découvrir une « écriture » et un humour avec lesquels il perçut une profonde affinité.  Un coup de foudre littéraire, en quelque sorte… Desproges, connaissant ce texte par coeur, le récita au cours de l’entretien  ; et comme, par chance, j’avais enregistré l’émission,  je l’ai transcrit à l’époque pour l’étudier avec mes élèves.
Après de multiples explorations via Google ou tout autre moteur de recherche, j’ai constaté que ce texte  était inédit sur le web . Il sera désormais disponible , puisque je le reproduis ci-dessous  dans son intégralité .
Je vous serais  donc reconnaissant de citer la source (en indiquant le lien vers cette page de mon blog) si vous  souhaitez le diffuser en partie ou en totalité.
Crédit image :  ? (Reçue par courriel)

« Nécessité du loup.

Le jour tombe vite, les nuits sont longues, la bise glacée, les étoiles brillent d’un vif éclat, c’est la saison des loups et des prix littéraires ; les prix littéraires sont donnés, les lauriers sont coupés, nous n’irons plus au bois ; les loups d’ailleurs n’y vont plus guère. Les loups sont de moins en moins recherchés. Notre civilisation n’en consomme que très peu. Devenue urbaine, elle dégénère et s’affadit. La littérature d’autrefois, la chanson, le conte utilisaient  une grande quantité de loups, bien noirs, bien méchants, bien voraces. On les a tués.
Mais ils se vengent. Le loup est un besoin essentiel, le loup fut un aliment complet, il ne peut mourir entièrement. Il faut des loups, il faut du frisson noir. Sans le loup, on s’ennuierait de la vie.. Il faut qu’une ombre sur le mur allonge un museau qui fasse peur… Chassez le loup par la porte, il revient par la fenêtre et se cache derrière les rideaux.
Si ce n’est pas le loup, ce sera Rocambole, Chéri-Bibi ou Fantômas. En un mot, c’est le bandit masqué. Il va dévorer la petite fille, et c’est ça qui est intéressant. On entendra les os qui craquent, il ne restera qu’une natte blonde avec un noeud de ruban, comme un papillon bleu sur un plancher passé à l’encaustique. Quelle attraction, un dimanche ennuyeux, quand le ciel est gris et qu’on ne sait que faire…
On voit par là que le loup ne meurt pas sans avoir pris ses précautions « .
Alexandre Vialatte 
Indiscutablement, il y a, si on peut dire, du Desproges dans ce superbe texte.  Et il est toujours demeuré un peu de Vialatte chez Desproges, mais on y savoure bien d’autres  talents.
Et si, comme le disait Vialatte, «  l’éléphant est irréfutable« , nul doute que Desproges soit irremplaçable …

Si vous n’avez pas lu le précédent billet : »Desproges m’a dit le 25 février 1988« , vous le trouverez en cliquant  sur »Desproges » dans la liste des mots-clés


Catégorie « Humour »
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11 commentaires pour Desproges (2)_ »anthume » et posthume

  1. Rosine dit :

    Merci pour ton billet et pour ce texte que je ne connaissais pas. Moi quand j\’étais petite, c\’était "le peut\’homme" qui me faisait peur (sans doute une expression jurassienne), et juste après il y avait le loup. Dans l\’imaginaire le loup tient une grande place, je ne sais même pas si aujourd\’hui je serais capable d\’aller en forêt toute seule sans avoir des craintes…
    Bises et à bientôt. Rosine

  2. Bistroman dit :

    "[ P….. de clavier !  ] 
    Adoncques, comme disait Rabelais…"
    Tu mens : Rabelais n\’a jamais eu de clavier !

  3. Mademoiselle O' dit :

    C\’est marrant que tu évoques Levy, j\’écrivais justement (à curieux penseurs) que le jour où on le trouverait dans ma liste de lectures il faudrait me remonter les bretelles :°)
    SalutatiO\’ns !

  4. Naly dit :

     

    Salut Charlie,
    J’ai découvert Pierre Desproges toute gamine, par le "Petit rapporteur" puis par La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède", quant à la radio de l’époque, j’étais plutôt fan de Jean-Yves Lafesse sur Carbonne 14. J’ai rapidement aimé son esprit libre et ce que j’appelle sa "virilité intellectuelle", mais ce n’est que quelques années plus tard par la lecture de son œuvre, que j’ai eu un véritable coup de foudre pour le personnage. Je n’ai aucune prétention, je ne suis pas une "érudite littéraire", mais seulement du genre curieuse, autodidacte (malgré moi) et assez libre aussi (là c’est un choix). Je n’ai jamais lu Alexandre Vialatte mais il n’est jamais trop tard, je te dirai après lecture mes impressions. Par contre, j’aime beaucoup Alphonse Allais et Pierre Dac, en lisant l’un et l’autre, je retrouve (à mon avis) beaucoup d’influences chez Desproges…et du Jean Yanne aussi, étonnant non ?!
    Merci à toi pour ta visite et tes coms, là je vais me détendre en musique avec Didier Lockwood (tu es vraiment chanceux !)…bises, amicalement…

  5. chananna dit :

    "l\’éléphant est irréfutable"… j\’adore …

  6. corto dit :

    Trop intellectuel pour la plèbe, pas assez pour les tribuns, il restera inclassable c\’ est certain. D\’ ailleurs que certains humoristes (mot galvaudé et race éteinte) en parlent en disant n\’ importe quoi prouvent qu\’ il n\’ ont pas compris une once du discours desprogiste.
    Je sais que ce que je vais écrire peut paraître un peu réac mais ou est l\’ humour dévastateur des années 80-90? Coluche, les guignols desproges & co… Il n\’ y a plus aujourd\’ hui d\’ esprit leur arrivant a la cheville! On montre ses fesses et sa bite et ça fait rire… On serre des pleines poignes politiciennes esperant avoir sa minute de drolerie cathodique. Plus d\’ esprits libres… Non plu s que le vide des abysses neuronales. L\’ on dedie aujourd\’ hui des vers aux financiers! Se changeant en bouffon dans l\’ espoir vil de voir, aux lèvres d\’ un ministre, naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
     Déjeuner, chaque jour, d\’ un crapaud ?Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
    qui plus vite, à l\’ endroit des genoux, devient sale ?Exécuter des tours de souplesse dorsale ? …non, merci. D\’ une main flatter la chèvre au coucependant que, de l\’ autre, on arrose le chou,et donneur de séné par désir de rhubarbe,avoir son encensoir, toujours, dans quelque barbe ?Non, merci ! Se pousser de giron en giron,devenir un petit grand homme dans un rond,et naviguer, avec des madrigaux pour rames,et dans ses voiles des soupirs de vieilles dames ?Non, merci ! Chez le bon éditeur de Sercyfaire éditer ses vers en payant ? Non, merci !S\’ aller faire nommer pape par les concilesque dans des cabarets tiennent des imbéciles ?Non, merci ! Travailler à se construire un nomsur un sonnet, au lieu d\’ en faire d\’ autres ? Non,merci ! Ne découvrir du talent qu\’ aux mazettes ?être terrorisé par de vagues gazettes,et se dire sans cesse : oh, pourvu que je soisdans les petits papiers du Mercure François ? non, merci ! Calculer, avoir peur, être blême,préférer faire une visite qu\’ un poème,rédiger des placets, se faire présenter ?Non, merci ! Non, merci ! Non, merci ! Mais…chanter,rêver, rire, passer, être seul, être libre,avoir l\’ oeil qui regarde bien, la voix qui vibre,mettre, quand il vous plaît, son feutre de travers,pour un oui, pour un non, se battre, -ou faire unvers !Travailler sans souci de gloire ou de fortune,à tel voyage, auquel on pense, dans la lune !N\’ écrire jamais rien qui de soi ne sortit,et modeste d\’ ailleurs, se dire : mon petit,sois satisfait des fleurs, des fruits, même desfeuilles,si c\’ est dans ton jardin à toi que tu les cueilles !Puis, s\’ il advient d\’ un peu triompher, par hasard,ne pas être obligé d\’ en rien rendre à César,vis-à-vis de soi-même en garder le mérite,bref, dédaignant d\’ être le lierre parasite,lors même qu\’ on n\’ est pas le chêne ou le tilleul,ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul !
    Finalement rien ne change et l\’ ere des lumières est ma foi bien loin…    Amen

  7. Charlie dit :

    @ Rosine Je peux te rassurer, tu ne risques plus rien dans la forêt.Deux conseils , quand même : évite de porter un chaperon rouge et ne tire jamais ce qui ressemblerait de près ou de loin à une chevillette afin de ne pas laisser choir la bobinette.  De toute façon, les loups se sont mis à la mode bio et ne consomment plus de grand-mères désormais truffées de pesticides. @ BistromanA propos de ton com chez moi :  grossière erreur, cher ami. Rabelais a inventé, non seulement le clavier, mais aussi le magnétophone (c.f. "les paroles gelées" dans Pantagruel),  les chiffres prétendûment arabes, le jeu du saute-mouton (de Panurge, ), le torche-cul universel et  le rap qui va avec,  et bien sûr , le sandwich jambon-beurre SNCF.Pour cette dernière invention, il mériterait le bûcher et la potence après avoir été guillotiné (pas fastoche pour le bourreau, cette
    dernière hypothèse), mais il m\’a fait tellement rire que je le lui pardonne volontiers. @ Mademoiselle O\’ On peut ajouter à la liste des lectures à fuir les cacas nerveux d\’ un autre Levy, le Bernard-Henri, philosophe de mes deux ! @  Naly Comme quoi l\’auto(didacte) conduit à tout, y compris au meilleur en ce qui te concerne.Chanceux ? sans doute, mais je n\’ai jamais rencontré Dieu. Juste partagé quelques hosties à sa santé, du temps de ma jeunesse…  @ Snake Ruquier "petit marquis". Bien vu !  Et aussi un cuistre entouré de courtisans aussi prétentieux et nombrilesques, à l\’exception de Benichou dont  j\’apprécie l\’humour et la culture. Je podcaste de temps à autre son émission, je ne conserve que celles où Bénichou est présent et j\’élimine systématiquement celles où sévit Miller, insupportable Freud-luquet des ondes.  @ CortoMerci pour ce long commentaire. J\’approuve évidemment, pour l\’essentiel."Réac" ? non, ou alors,  au sens de "réactionnel"  que je pense être également (= qui réagit à la déliquescence) et non pas  au sens "réactionnaire".Les valeurs du passé appliquées au présent ne sont réactionnaires qu\’aux yeux des gauchistes et des  imbéciles (pardon pour le pléonasme)
    Y aurait-il  aussi du Cyrano chez Desproges ? Sans aucun doute.

  8. corto dit :

    Les plus beaux combats sont ceux qui sont inutiles: contre la bétise , les préjugés, la lacheté, la sottise. Et comme à cyrano ont à tout enlevé à desproges, les lauriers et la rose. Mais tout comme lui, il y a une chose, qui lorsqu\’ il s\’ est présenté chez dieu, et que son salut a balayé largement le seuil bleu; une chose que sans un pli, sans une tâche il a emporté! Cette chose c\’ est son panache…
     
    pouf pouf

  9. jeanne dit :

    Quel panache! Corto a raison … pour moi Desproges est la représentation que je me faisais de la liberté de pensée et de  dire, le héros romantique de mes années d\’ ado idéaliste (pléonasme aussi).
     Pas étonnant qu\’ aujourd\’hui après plusieurs années de lissage mental, un homme comme lui, n\’ est pas vraiment conservé la place qui lui revient, celle d\’un esprit libre.

  10. Roland dit :

    Merci pour tous ces renseignements passionnants sur Pierre Desproges… surtout l\’origine de sa vocation d\’écrivain, un récit  qui pourrait peut-être faire naître un autre écrivain…Bisous !Micheline

  11. colyne dit :

    le salon du livre vient de fermer ses portes à Palexpo de Genève , je ne suis pas sûre que ce soit les écrits de Desproges qui ont été le plus vendus ! presque 100000 visiteurs , plus de 100000 bouquins achetés , cela veut dire que certains sont repartis sans rien acheter !
    qu\’est-ce qu\’ils vont lire sur la plage cet été ? Desproges disait (dans un de ces réquisitoires sur FR-I )
    il citait une pub pour un produit amaigrissant " mesdames si vous n\’adoptez pas ce produit , vous resterez grosses tout l\’été " et bien je réponds à ce monsieur qui a pondu ce texte : "monsieur vous resterez con toute votre vie"
    bises , colyne …

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