L’oeil du Scorpion à New-York # 4

 
Vendredi 21  novembre 2008
 
 

 L’oeil du Scorpion … à New-York   
# 4

 
 


 

Après un   séjour d’une  semaine dans la "Grosse Pomme", il serait  présomptueux de  vouloir rendre compte des diverses et nombreuses  facettes -lumineuses ou sombres- de la société new-yorkaise.
Dans ces billets et  les albums-photos,  j’ai essayé d’en éclairer certains aspects avec pour but de partager avec vous quelques impressions (forcément  limitées et  subjectives)  et quelques informations , via le texte et l’image.  

Voici donc  (enfin !)  le   quatrième et dernier billet consacré à la "Grosse Pomme"       

 

 
Comme chacun le sait,  New-York n’est pas l’"Amérique" (ni les Etats-Unis toute l’Amérique, d’ailleurs !) ,  mais il semble bien qu’on y trouve une bonne part de ce que les USA sont  capables de produire de pire et de meilleur. New-York, "terre de contrastes", pour reprendre la formule éculée chère aux conférenciers de "Connaissance du Monde"

Un premier constat  surprenant :  le métro, les rues et les trottoirs sont dans un état lamentable.   Plus généralement, les gens  semblent moins attachés que nous à la qualité du service public . Et vraisemblablement  ne souhaitent pas payer encore plus d’ impôts pour remédier à ces carences.
 J’aurais pu prendre par dizaines d’autres photos de ce genre  sur les avenues  les plus prestigieuses ; ici, la Cinquième Avenue :

   Malgré tout, les pompiers  new-yorkais  sont célèbres pour leur efficacité…  et ils interviennent dès qu’il y a le moindre feu "quelque part" : 

    

S’il faut prendre garde aux nombreuses flaques d’eau,  nulle agression  pour les semelles en ce qui concerne les crottes sur les trottoirs : les chiens sont rarissimes,  signe  probable d’un  meilleur équilibre affectif que chez nous.

 On voit  quand-même dans les quartiers chics quelques attelages de "doggy-sitters"  grassement  payées : 

Evidemment, omniprésence de la pub, du fric…

Cela dit,  on perçoit dans cette ville "vibrionnante" une activité intense , un dynamisme impressionnant, une  réelle efficacité de gens qui bossent.     Avec évidemment des inégalités sociales, même si elles  sont moins visibles qu’à Paris.  Les gens les plus modestes ,  moins assistés  qu’en France,   acceptent  -ou sont obligés  … [ rayez la mention inutile selon vos opinions politiques !]   – de faire des petits boulots à  5,75 $/h .   Il y a  donc  beaucoup moins de mendiants à New-York que dans nos villes, et apparemment moins de glandeurs qui traînent dans les rues à longueur de journée.

 Le service dans les restaurants et dans les magasins est impeccable . Les employés ne sont pas spécialement aimables, disons qu’ils sont  souvent neutres, mais au moins ils ne font pas la gueule ou "ne la ramènent pas " comme  trop souvent chez nous, et ils sont  toujours efficaces ! 

 D’une façon générale, N.Y.  témoigne d’une vitalité, d’un optimisme, d’une  faculté d’adaptation  et de régénérescence  qui forcent le respect . De ce point de vue, l’évolution du quartier de Harlem est exemplaire, m’ont dit des gens qui avaient connu ce ghetto il y a dix ans.

 D’ailleurs, bien avant  l’élection d’Obama, on trouvait des "maisons blanches" en plein coeur de Harlem :

 Le chantier de "Ground Zero" offre lui  aussi une preuve spectaculaire  de ce dynamisme new-yorkais. 

  

  Par ailleurs, alors que des guides  touristiques vieux d’une dizaine d’années mettaient  encore en garde contre une forte  délinquance, je me suis senti beaucoup  plus en sécurité, même la nuit , qu’à Paris, (évidemment !)  et  que dans bon nombre de villes  européennes   [et notamment incomparablement moins stressé qu’à  Barcelone où  ma femme et moi avons été  plusieurs fois victimes d’agressions  et  de vols  sans que cela émeuve le moins du monde la police espagnole ]

Quant aux goûts des New-Yorkais, il semblerait (selon  l’amusant " Pintades à New-York") qu’un snobisme exacerbé  sévisse  dans tous  les domaines, du moins chez les plus aisés.  Plusieurs épisodes de "Sex and the City"  le montrent d’ailleurs avec humour. Sans doute, et  l’art   "temporain" trouve ici un public  de gogos particulièrement réceptif. J’ai vu par exemple au Guggenheim une expo de photos  consternantes  d’une certaine  Catherine Opie.  

Mais il y a  aussi des expos exceptionnelles  qui témoignent d’une vraie curiosité pour l’art  en général (fabuleux dessins de l’expo "Rythm of Modern life" de Cyril E. Power au "Met"), et, d’après notre notre guide,  "it’s museum day "  quand il pleut : bon nombre de New-Yorkais préfèrent aller dans les musées que de  s’abêtir devant la télé. A vérifier  quand même ! En tout cas, de ce point de vue, on peut affirmer que New-York n’est vraiment pas représentative d’une population US passablement inculte.

A vrai dire, le raffinement côtoie souvent la vulgarité et un  goût  marqué  pour le  "more and more"  :  toujours plus grand, toujours plus coloré, plus branché,  plus cher, plus spectaculaire, plus  provocateur.  J’imaginais les New-Yorkaises assez élégantes ( disons du genre Charlotte plutôt que Carrie et ses paires de pompes hors de prix et hors de goût  ! ) .  Eh bien, c’est trop souvent Carrie dans ses plus mauvais jours ; j’ai croisé bon nombre de jeunes filles   habillées de manière … disons "exotique" ou extravagante : tenues assez chic  avec des bottes en caoutchouc  à motifs enfantins flashy (c’est la grande mode là-bas donc bientôt chez nous) et, pour sortir le soir,  ces demoiselles  arborent des tenues endimanchées  et des maquillages  de voitures volées qu’on ne voit plus chez nous, même dans les mariages  les plus rustiques.  
De manière anecdotique, comme exemple de goût  plus que douteux , j’ai vu ça en vitrine :

Et   plus choquant encore, on ne se soucie guère d’un gaspillage éhonté, avec  un seul exemple : les  hectares de lumières  publicitaires (là aussi d’un goût discutable) éclairant Times Square  et les grandes avenues de nuit comme de jour. Un fabuleux  kaléïdoscope à la puissance 1000, une manne pour le photographe (voir l’album "New-York by night") … mais un gachis scandaleux.  

 Enfin,  dans cette "city that never sleeps"…

 
… du bruit,  du bruit jour et nuit, du bruit  partout, dans les rues, les restaurants …
 
Sauf à Central Park. 

   

Il n’empêche …  si vous avez lu les autres billets, vous savez que ce premier voyage  à New-York fut un  véritable coup de foudre… Et, à la différence de "Snow white", quand on a croqué dans la Grosse Pomme, on  meurt…  d’envie d’y regoûter.


  Billets précédents : 
 
 
 
 
____
 
Durant ma "morte saison  bloguesque", j’ai lu, notamment, un excellent bouquin sur les bizarreries  et paradoxes de  la société américaine, un témoignage remarquable, très documenté et d’un humour woodyallenien  réjouissant :  "American rigolos" de Bill Bryson (Editions  Payot "Voyageurs" 1998 )
 

 
Les textes et photos de cet Espace sont des documents "persos" protégés par

   Contrat Creative Commons


 

 

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8 commentaires pour L’oeil du Scorpion à New-York # 4

  1. Caiçara dit :

    Petite remarque perso: j\’espère qu\’avec l\’élection d\’ Obama,  les noirs vont arrêter de vouloir se blanchir. A part ça, j\’ai beaucoup aimé ce billet sur NY et je vais vite voir la signification du mot: "Vibrionnante". Ce que je n\’aime pas aux USA c\’est ce gâchis et cet excès en tout. Marilyn est un peu décatie et et dans le mot temporain il manque le "con". Je suis toujours gourmande de tes jeux de mots Charlie. Bises de Caiçara et doux WE

  2. Sylvie... dit :

    vu et rendu avec justesse… moi qui n\’ai qu\’un souvenir de l\’amérique du nord que vue du Canada et une idée de la grosse pomme qu\’à travers Sex and the City et quelque autre vieux téléfilm.

  3. Adigalia dit :

    toujours aussi grand
    (je ne parle pas de la pomme mais de toi)

  4. jeanne dit :

    je me délecte à la lecture de ce billet comme des précédents sur N.Y  Ton talent d\’ écriture  te permettrait de faire une chronique dans un journal ou un magazine, y as-tu déjà songer?
    A présent , Je vais regarder tes nouvelles photos …

  5. Bistroman dit :

    Désolé de t\’annoncer que tu as faux sur le 2 et le 5. A ta décharge, Arnold et Willy ont bien grandi depuis les années 80. Ils sont un peu difficiles à reconnaitre.
    J\’entends des rumeurs bizarres comme quoi Ronald Reagan n\’aurait pas été réélu. Toi qui revient de là-bas, tu peux me donner des nouvelles fraiches ? J\’ai peine à croire tout ce que j\’entends.
    Merci 

  6. Charlie dit :

     
    @ Bistroman
    (dont le  début de com fait référence à son jeu "Cékidonc".
    Au fait, son blog est  très drôle et sympa.
    Alézydonkwar de ma part  !)
     
     
    1- Non seulement ils ont vieilli, mais en plus, mon écran est brusquement devenu  tout noir, alors effectivement, ce n\’était pas facile de les reconnaître.
     
    2- Et à propos de Reagan, tu dois confondre : c\’était un acteur de western, et à ma connaissance, il n\’a jamais fait de politique..
        Si ? Ah bon. Je vais m\’informer.
     
      En tout cas, à New-York, il était fortement question que Kennedy devienne le prochain Président US
      C\’est ça l\’avantage de se renseigner directement sur place, au lieu de diffuser  bêtement des rumeurs.
     

  7. JiPi dit :

    Texte et photos impecs, mais les USA c\’est pas pour moi
    Salut voisin

  8. Ping : New-York # 3_Fantasmes, fantômes et clichés | TROPIQUE DU SCORPION

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