Art « temporain »…(suite et non fin)

    

Lundi 30 mars  2009
 
 Art  contemporain 

(suite et non fin) 

 

         

Robert Filliou – "Oeuvre sans valeur"  1969   (Musée  d’Art Contemporain de St Etienne)

 

 Coïncidence…

Hier soir, j’ai publié  ceci en com du précédent billet  sur "Boronalicz":

  Les USA, complexés de n’être à l’origine qu’une population de pionniers incultes, n’ont de cesse de vouloir rivaliser avec l’art européen. C’est trop tard, les mecs, la grande période créatrice et géniale des Arts Plastiques est terminée, et c’est chez nous que cela s’est produit. *

Complexés, frustrés, envieux et désireux de s’imposer quand même, à l’occasion, sous forme de pseudo-sacrilège : Koons à Venise et à Versailles c’est exactement ça… Ils  ne peuvent  pas rivaliser avec notre art, alors ils déposent les  oeuvres de leurs  médiocres artistes  dans des lieux prestigieux pour faire croire que c’est du même ordre.
Koons, Warhol et bon nombre d’ autres artistes "américains" qui leur ont succédé ne produisent que des gadgets pour snobs, gogos ou investisseurs. Les trois pouvant évidemment coexister en une seule personne.

 

Ce matin, dans le Figaro, interview de Luc Ferry  :

"Qu’est-ce qui fascine dans l’avant-garde ? Ce n’est pas du tout sa beauté ni son intérêt intrinsèque. Une grande partie de l’art contemporain est d’une insignifiance et d’une vulgarité sans nom, mais ce qui fascine, c’est qu’il appartient déjà à l’histoire.

Évidemment que Warhol appartient à l’histoire. Il y a le même phénomène pour les montres ou pour les voitures. Vous avez des Bugatti qui coûtent des millions d’euros. Dès qu’une chose est consacrée par l’histoire, la jonction entre celle-ci et la mondialisation fait que ça n’a plus de prix. Là aussi, ce n’est pas particulièrement réjouissant : de même que l’intérêt purement consumériste a remplacé la question du sens, l’intérêt pour une œuvre d’art n’est plus lié au fait qu’elle traduise une grande expérience humaine ou qu’elle apporte quelque chose d’éclairant à l’humanité, mais au fait qu’elle appartient à une histoire. La mondialisation sacralise tout ce qui y est moment de l’histoire universelle.

Du coup, une blague de Duchamp comme l’urinoir vaut un Vermeer et un monochrome de Klein un Van Gogh !

Et, disons-le, Malevitch n’a jamais eu une émotion en faisant son carré noir sur fond blanc. Il a simplement voulu tourner en ­dérision le modèle de la perspective. Point. Donc, le phénomène de massification du musée est une ­forme d’abrutissement suprême de la société de consommation, qui ne sait même plus qu’elle est dans un paradoxe insondable : le subversif absolu est devenu la soupe populaire".

(Luc Ferry)

 

On ne saurait mieux dire !

 

Marcel Duchamp – "R Mutt" alias "Mutter"  (1917) 

Cette  "mère" a donné naissance à des générations d’ imposteurs !


 

* Il est fort probable que, concernant le 20 e siècle,  seul le jazz demeurera au yeux des historiens l’apport  le plus précieux de la culture américaine en matière de génie artistique véritablement novateur  et évolutif, comme en témoigne notamment la carrière de Miles Davis.

 L’équivalent de la "musique classique" pour les siècles précédents.

 


  Billet précédent sur le même sujet : 

   Hommage à l’artiste con temporain Vlad Boronalicz


 

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9 commentaires pour Art « temporain »…(suite et non fin)

  1. Sylvie... dit :

    d\’accord avec toi… Jazz compris… mais j\’y ajoute le blues (le vrai) qui le précède…

  2. chananna dit :

    J\’ai pas vu que t\’avais fait ce billet ….

  3. chananna dit :

    "Oeuvre sans valeur" …. C\’est quoi ? Des kleenex ? Faut le faire …

  4. jeanne dit :

    D\’accord avec Snake, l\’art financé par la société ne donne pas tous ses meilleurs fruits. L\’artiste ne peut pas laisser brider sa créativité. Le grand pardoxe est là, car il lui faut quand même être reconnu en tant que tel pour entrer dans le circuit de l\’ art Ceci dit Les enjeux de l\’art ne peuvent se réduire au marché et leur compréhension mérite une reflexion approfondie (ce n\’est pas le lieu). Tu opposes l\’ art internationalisé et consumériste a ce que pourrait s\’appeler le culte de l\’ art ? me trompe-je????Concernant le 20e siècle n\’oublie pas le 7e art et du coup pour les USA je suis moins d\’accord qu\’ au départ de ton sujet…je laisse à Bistroman la pop -rock

  5. Bistroman dit :

    Le jazz, l\’apport le plus précieux de la culture américaine ??? En 1945, peut-être. Mais depuis, il y a eu Chuck Berry, James Brown, les Temptations, Jimi Hendrix, Sly & the Family Stone, Funkadelic, Public Ennemy… pour rester dans le noir. Et quelques blanc-becs comme Elvis Presley ou Michael Jackson. Le beat et le riff Charlie, c\’est ça qui fait vibrer. La trompette et l\’accordéon, c\’est ringard et ça ne fait plus bander personne.

  6. Charlie dit :

    @ Snake : tu as parfaitement raison. Et comme en témoignent bon nombre de billets ce blog, je suis hostile à toutes les manifestations de totalitarisme, y compris dans le domaine de l\’art.Et Luc Ferry aussi, évidemment. Mais la phrase que tu commentes, placée hors du contexte de l\’ensemble de l\’interview, est , je le concède, mal formulée et ambiguë.Quand il parle "d\’expérience" et "d\’éclairer l\’humanité", il ne s\’agit pas d\’exploiter l\’art comme outil de propagande, mais de transmettre une vision esthétique personnelle, une expérience de vie d\’artiste, de rendre perceptible par la magie de l\’art une émotion, comme il le dit dans le dernier paragraphe.Et je trouve sa dénonciation de la "marchandisation" d\’ un certain art contemporain tout à fait pertinente.Pour le reste, je me suis déjà expliqué dans le billet précédent !

  7. Bistroman dit :

    Je ne saisis pas le fond du débat, mais je suis d\’accord avec Jeanne car j\’ai une confiance aveugle en elle. Je lui laisse la pop rock car je suis plutôt metal-indus-gothic.

  8. chananna dit :

    Oui, dansons !

  9. Rosine dit :

    Je viens d\’en voir une de "soupe populaire", dans le genre Jorgy mais avec des pinceaux. Ou comment certains mauvais parents piegent les gogos ! Une gamine de 4 ans, (dont le papa remplit consciencieusement les fonds-de toile-) est en train de devenir un peintre prospère : 50000 euros pour le gribouillis à la gouache. Qu\’est-ce que tu dis de ça ? Bises et à bientôt

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