« Tromperies de charlatans »… d’hier et d’aujourd’hui.

Parmi les e-books que je suis en train de lire ( « e-books en train »  mini clin d oeil spaces )  il y a ceci :

Thomas SONNET de COURVAL

 » Les Tromperies des charlatans découvertes « 

(Paris, Jean Millot  1619)

charlatan 01

 Vous trouverez en fin d’article quelques infos sur cet auteur, dont je connais  « La Satire Ménippée » , une œuvre  (publiée au début du XVII S.)  que j’avais  lue  partiellement  au temps lointain de ma « sorbonnitude ».

 J’ai reproduit ci-dessous quelques extraits de l’ouvrage indiqué en titre, en les organisant de manière à assurer la continuité du texte. Sans en modifier la syntaxe, mais  en modernisant l’orthographe.

L’intérêt du texte réside  à mon sens , non seulement dans la dénonciation du charlatanisme médical de l’époque,  mais aussi dans le  savoureux vocabulaire satirique utilisé pour dénoncer ces escrocs et leurs pratiques. On peut aussi  trouver quelques « connexités » (comme disait Molière) entre ce texte et  certaines impostures  contemporaines. Amusez-vous à remplacer  les termes  concernant les charlatans et leurs procédés   par  « politiciens », « publicitaires », « intégristes »  « propagande », « slogans »,  ainsi que « corps « par « esprit » et vous verrez   que la pertinence de la satire n’a guère pris de rides !

Voici donc ces extraits…

« L’illégitime et fausse administration de la pratique de la médecine, pleine de charlatanerie, d’ignorance, de babil et d’impudence cause une si grande et pernicieuse ruine au corps humain qu’elle ne peut en façon quelconque être réparée. Il faut découvrir clairement et mettre à  plein jour l’âme et le cœur de tels abuseurs et imposteurs, et sonder les ressorts  et mouvements occultes de leurs tromperies.

 Vous verrez quelquefois un effronté et écervelé charlatan, lequel, pourvu qu’il sache bien cajoler et démesurément  vanter ses drogues, voudra effrontément accuser d’erreur et d’ignorance, devant la sotte populace, un brave et docte  galant homme très expert en son art, et ne voudra personne le susdit charlatan d’être repris et censuré d’aucun. Tellement, qu’à ce compte, les actions louables sont mesurées par l’ignorant populaire à la même aulne  et pesée à la même balance, sans aucune distinction, de sorte que la vertu cède le plus souvent au vice, la doctrine à l’ignorance , l’expérience à  l’incapacité..

 Pour confirmer son Thériacage,  il affiche par les carrefours et lieux publics des villes et bourgades, en frontispice de son théâtre, de très amples lettres patentes farcies de mensonges, de vantardises et de promesses ampoulées à l’espagnole. Il décoche les mieux empennées flèches qu’il ait en la trousse de ses artifices, pour louanger, par mille mensonges, vanteries et vaines ostentations, les vertus occultes et admirables propriétés de ses onguents, baumes, quintessences et autres fantasques confections.

 Cette canaille de  thériarcleurs et charlatans font jouer la mine de leurs tromperies à la ruine et confusion du pauvre peuple qu’ils déçoivent et appipent par leurs paroles sucrées et affecté jargon recouvert de belle apparence, tout ainsi que la fausse monnaie dont l’usage est de nulle valeur.

Telles gens , par leurs subtils poisons et mixtions, gâtent et altèrent avec iceux les corps humains. C’est pourquoi il serait bien nécessaire de bannir et exiler à perpétuité telle canaille d’imposteurs de la patrie comme gens que l’on doit fuir et détester, ainsi que serpents très dangereux et pestilentieux ».

Infos Wikipedia

Thomas SONNET de COURVAL, né en 1577 à Vire et mort en 1627 à Paris, est un poète satirique français qui appartient  à la tradition de la satire normande.La première œuvre qui ait paru de lui est la Satire Ménippée ou Discours sur les poignantes traverses et incommodités du mariage, où les humeurs des femmes sont vivement représentées, Paris, Jean Millot, (1608). Cette satire, qui lui acquit aussitôt une grande réputation littéraire, a été réimprimée séparément cinq ou six fois. Il parait avoir quitté sa ville natale par suite des contrariétés que lui avait attirées la publication de cette œuvre pour aller se fixer à Paris, où il exerça la médecine, en composant des vers.Il publia ensuite Thiméthélie, ou Censure des femmes, satyre seconde, en laquelle sont amplement decrites les maladies qui arrivent à ceux qui vont trop souvent à l’escarmouche soubs la cornette de Venus, Paris, Jean Millot, 1609.Il a également produit une Satire (en prose) contre les charlatans, et pseudo médecins empyriques, Paris, Jean Millot, 1610.

 J’adore, dans l’un des titres  cités  ci-dessus, cette belle expression : «  les maladies qui arrivent à ceux qui vont trop souvent à l’escarmouche soubs la cornette de Vénus » !

 —

 Si vous voulez consulter l’original , le livre est  disponible en divers formats sur « ebooksgratuits.com ». Voici le lien  :

SONNET de COURVAL_Les tromperies des charlatans

 

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